Les bienfaits du vélo au Nord comme au Sud, la surconsommation et la réutilisation, les femmes et le vélo à travers le monde, la “Vélorution” (transformation sociale par le vélo) et la solidarité Nord-Sud… La toute nouvelle trousse pédagogique en-ligne de Cyclo Nord-Sud a été créée pour des étudiants de 13 à 18 ans mais est tout à fait passionnante pour tous! Allez y jeter un coup d’oeil, ça vaut la peine!!
Un monde à vélo – la nouvelle trousse pédagogique de Cyclo Nord-Sud: à lire!
Merci Icebreaker
ekiCYCLE est en vedette sur le blogue de la compagnie de vêtements en laine de mérino Icebreaker!
Icebreaker fut une partie intégrante de l’expédition puisque la compagnie a fait le don d’une composante essentielle de réussite et de confort: les cuissards Halo. Je l’ai dit et n’hésite pas à le clâmer de nouveau: ces cuissards sont de loin les plus confortables que j’aie eu la chance de porter!
Lien vers le blogue http://blog.icebreaker.com/2011/09/ekicycle-an-outstanding-cycling-adventure/
La fin.
Distance totale parcourue = 1301 km
En jargon montagnard, on l’appelle le « turn around time ». Cette heure précise de la journée ou de la nuit où, si le sommet de la montagne n’est pas atteint, on se promet de revenir sur nos pas. Après ce moment, les conditions peuvent devenir trop dangereuses et les chances de regagner le camp sain et sauf s’amincissent. Tourner le dos à un sommet fait mal. Souvent, on voit s’envoler des investissements de beaucoup d’efforts, de temps et d’argent. Mais ces derniers ne représentent rien par rapport à la santé et la vie. Et en bout de ligne, des leçons de vie sont à en retirer. Vaut mieux retourner vers le bas que de ne pas essayer du tout.
J’ai atteint mon « turn around time » cycliste. On me l’avait dit et redit avant que je quitte Bamako : « les routes maliennes peuvent être dangereuses ». Bien sûr, je devais essayer, je devais partir à l’aventure et le constater par moi-même. J’ai passé un superbe moment dans le sud du pays avant d’aller sur des routes plus étroites, plus achalandées et, oui – définitivement dangereuses.
Pour moi, le vélo est la meilleure façon de voyager. Il permet de découvrir des paysages au ralenti mais aussi d’établir un contact immédiat avec les populations locales. Mais avant tout, se déplacer à vélo jour après jour dans un décor constamment changeant procure une immense sensation de liberté et d’évasion. J’arrive à approfondir et ordonner mes idées, j’y vois plus clair. Au Mali, je n’ai malheureusement jamais réussi à vivre cette transcendance puisque mon attention était toute dévouée à la route. Et le sentiment constant que je n’étais pas en sécurité a pris le dessus.
Comme de tourner le dos à un sommet montagneux, décider d’accrocher mes pédales fut une décision très difficile à prendre. J’y ai réfléchi pendant plusieurs jours avant d’être complètement convaincue. Et j’ai étiré la sauce jusqu’à ce qu’une voiture passe tellement proche qu’elle a accroché mon guidon. J’allais lentement mais ai tout de même perdu le contrôle lorsque mon jeu de direction a vivement pivoté dans la trappe de sable qu’était l’accotement. Mon vélo s’est échoué comme une baleine alors que j’ai maladroitement tenté de ne pas tomber. La Mercedes ne s’est pas arrêtée. Si un autre véhicule avait suivi, c’en était fait. C’en était fait… La décision venait de se radicaliser. Le niveau de risque dépassait trop largement le niveau de plaisir.
Maintenant… Je ne suis pas en train de raconter qu’il ne faut pas faire du vélo au Mali ou en Afrique de l’Ouest. Bien au contraire. Mais si c’était à refaire, je ne repartirais pas seule et j’opterais pour une saison plus sèche pour avoir l’occasion de rouler sur autre chose que du goudron. Il est toutefois vrai que d’autres facteurs peuvent ajouter des facteurs de difficulté : la chaleur extrême des mois de février à mai ou l’Harmattan (vent du Sahara), par exemple. La clé est de s’informer et la meilleure source actuelle se trouve sur www.ibike.org.
J’ajoute ici ma petite contribution concernant les goudrons du Mali :
Voilà! En espérant ne pas décevoir trop de lecteurs qui m’ont si bien encouragée, je continuerai d’ajouter des articles sur le blogue de façon ponctuelle. Vous avez des suggestions ou des commentaires? Écrivez-moi! julabrecque@gmail.com
Mais le karité….. c’est quoi??
Tout le village est encore profondément endormi quand les plus courageuses commencent à se diriger silencieusement vers les champs. Il peut être aussi tôt que trois heures du matin mais elles savent qu’à ce moment, les plus beaux fruits de karité les attendent sur le sol, fraîchement tombés durant la nuit. Même en plein jour, l’exercice requiert des yeux exercés pour rapidement repérer les petites prunes vertes éparpillées au pied des arbres. La nuit, le niveau de difficulté est décuplé.
Le karité. On en parle, on en vante les vertus, on remarque de plus en plus son nom sur les pots de crèmes cosmétiques mais on est loin de se douter de tout le travail qui se cache derrière la fabrication de son beurre. C’est dans ce champ entourant un petit village de l’Afrique de l’Ouest (voir illustration « Répartition géographique des arbres à karité ») que tout commence. Le karité, c’est un arbre vénéré et utilisé par les Africains depuis des millénaires. On en exploite les propriétés thérapeutiques (cicatrisation, anti-inflammation, décongestion, hydratation), culinaires (le beurre est une excellente huile de cuisson et le fruit de karité a un goût excellent) ou combustible (carburant pour les lampes). Le beurre de karité est même mélangé au matériau de construction des maisons (banco) en tant qu’isolant et imperméabilisant.
De juin à août, les productrices de beurre de karité marchent plusieurs kilomètres dès 3 ou 4 heures du matin pour se rendre au champ et ramasser les fruits de karité tombés au sol. Tous les jours. De là commence une longue série d’étapes de transformation jusqu’à l’obtention d’un beurre onctueux.
C’est au noyau du fruit de karité que l’on s’intéresse quand on parle de beurre de karité. La chair du fruit est, quoique délicieuse, malheureusement très peu exploitée à des fins potentiellement rémunératrices (gelée, confiture, …). Une fois la pulpe enlevée, les noix de karité sont bouillies et séchées puis décortiquées pour découvrir l’amande de karité. Ces amandes sont concassées, torréfiées, moulues et barattées jusqu’à l’apparition d’une émulsion qui sera recueillie et lavée de nouveau avant de se solidifier pour devenir du beurre.
La fabrication du beurre de karité sur YouTube:
- Karité: De l’arbre aux noix (From Tree to Nuts) (en Bambara, sous-titré en Anglais, 10 minutes, produit par les PeaceCorps)¸
- Karité: Des noix au beurre (From Nuts to Butter) (en Bambara, sous-titré en Anglais, 10 minutes, produit par les PeaceCorps)
Les vertus du beurre de karité
Si les Africaines n’hésitent pas à cuisiner avec le beurre de karité, les applications sont limitées au niveau cosmétique en Occident. Dans sa thèse de doctorat présentée à la faculté de pharmacie de l’Université de Bordeaux en 1990, Florence Renard a étudié les effets de l’application du beurre de karité 100% pur sur la peau de 30 volontaires âgés de 29 à 82 ans. Elle a ainsi prouvé l’amélioration générale de l’aspect de la peau, la réduction des rides, l’action de cicatrisation, l’hydratation et les propriétés anti-inflammatoires du beurre de karité. L’étude n’est pas disponible sur le web mais ses résultats furent repris et résumés dans le document de Pobeda et Sousselier « Shea Butter; The Revival of an African Wonder » (en Anglais). Les propriétés chimiques et physiques du karité furent aussi étudiées par la firme suédoise Karlshamns (en Anglais).
Où trouver du bon beurre de karité?
Plusieurs compagnies sont spécialisées dans l’importation du beurre transformé en Afrique de l’Ouest et la revente en Occident et en Asie. Des produits dérivés – savons, baumes parfumés, baumes à lèvre, etc – sont aussi développés. Il faut toutefois faire attention à ce que l’on achète. La simple mention « karité » sur le pot n’est pas une garantie de qualité. En effet, les grandes multinationales se contentent souvent d’importer les amandes de karité à tout petit prix pour en faire une transformation industrielle. Ainsi procédé, le karité perd une grande partie de ses propriétés bienfaitrices. Les pourcentages de karité sont aussi à surveiller. Ces mêmes compagnies n’incluent souvent que 10 à 15% de karité dans leurs produits…
Il est donc primordial de s’assurer que c’est le beurre transformé en Afrique, par les Africaines, que l’on se procure. De cette façon, on encourage le travail de transformation par les femmes africaines. La mention « équitable » (FLO, ESR, Fair for Life) illustrée sur le produit apporte une garantie supplémentaire que ces femmes ont été rémunérées de façon juste et honnête.

Au Canada:
Plus d’informations:
Dossier sur le karité produit par le Centre d’étude et de coopération internationale (CECI)
Québec sans frontières – c’est encore le temps!
Si j’ai eu la chance de partir à Bamako en mai dernier pour y effectuer un stage de coopération internationale à l’Association Conseil pour le Développement (A.CO.D.), c’est grâce au programme Québec sans frontières du Ministère des Relations internationales du Québec.
Chaque année, ce sont près de 400 stagiaires québécois âgés entre 18 et 35 ans qui s’envolent vers des destinations d’Amérique latine, des Antilles ou d’Afrique pour y travailler avec un organisme partenaire. La plupart des organismes de coopération internationale (OCI) québécoi
s sont impliqués. Dans mon cas, c’est le Centre d’étude et de coopération internationale (CECI), basé à Montréal, qui s’est chargé de mon stage.
L’expérience, croyez-moi, elle est unique. Elle permet non seulement d’acquérir une expérience de coopération internationale mais aussi de s’immerger complètement dans une nouvelle culture et de vivre en phase avec cette dernière. C’est pourquoi je recommande à toute personne éligible d’aller faire un tour sur la liste des stages QSF 2011-12… juste pour voir
Tout ce que je peux vous dire, c’est que ça vaut la peine! Parlez-en!!
COOPROKASI – La Maison du karité de Siby
Siby, c’est tout près de Bamako, au Mali. En roulant 45 km vers l’Ouest, sur la route de Guinée, on passe de la zone urbaine de Bamako, à un conglomérat de marchés jusqu’à ce que le décor se sature de verdure. Des manguiers. Partout. Et parsemés au milieu de ces immenses arbres symétriques regorgeant de fruits si sublimes se camouflent des arbres plus modestes en apparence mais égaux en importance. Des arbres à karité.

Siby est l’un des innombrables pôles maliens de concentration d’arbres à karité. Et depuis toujours, les femmes des alentours y confectionnent du beurre de karité. Mais depuis 2003, ces dernières, appuyées par une ONG malienne (l’Association Conseil pour le Développement – A.CO.D), se sont regroupées en une coopérative pour produire du beurre de karité de façon collective. La Coopérative des Productrices de Karité de la Commune de Siby (COOPROKASI) a vu le jour et le beurre de karité produit par ses membres devint un produit de marque « La Maison du karité ». Le Centre d’étude et de coopération internationale (CECI) s’est aussi mis de la partie et, à travers les années, de multiples coopérants-volontaires se sont relayés pour participer aux activités (je vous suggère d’ailleurs le blogue d’Alia Abouzeid, qui vient tout juste de terminer son mandat à Bamako).
Ensemble, tout ce beau monde a mis sur pied un projet de promotion de la filière karité pour la région de Siby. La protection des arbres, la formation des femmes et l’élaboration de nouveaux produits de karité furent quelques-unes des activités réalisées. Mais dernièrement, en juillet 2010, COOPROKASI a obtenu la certification équitable FLO pour son beurre de karité. La coopérative garantit ainsi :
- un prix juste (et rémunérateur) pour le beurre des productrices membres
- l’amélioration des conditions de travail des productrices
- la participation à la protection des droits des enfants
- la participation au développement communautaire
- d’être gérée de façon démocratique et transparente
- la participation au développement durable
Les énoncés précédents constituent les principes de base majeurs du commerce équitable. La reconnaissance par FLO certifie que COOPROKASI s’engage à les respecter. Et, de notre côté du globe, le fait d’acheter un produit certifié par FLO démontre que nous appuyons ces principes d’équité.
Si les savons et pommades de la Maison du karité sont reconnus sur le marché local, ils peinent à faire leur place à l’international malgré la mention équitable. Les femmes continuent de travailler sans relâche pour améliorer la qualité de leur beurre et espèrent attirer l’attention d’importateurs potentiels.

La Route de Ségou…
24 août 2011 : Ségou à Fana = 115 km
25 août 2011: Fana à Koulikoro = 85 km
26 août 2011 : Tour de Koulikoro et Koulikoro à Moribabougou = 65 km
TOTAL : 1286 km
En 2008, l’organisme Cyclo Nord-Sud a envoyé 412 vélos usagés du Québec au Centre de formation professionnelle multiservice de Koulikoro (CFPMK), non loin de Bamako. Le projet est extrêmement intéressant puisque cet envoi de vélos correspondait avec la création d’un atelier spécialisé en recyclage, récupération et réparation de vélos au CFPMK appuyé par la Commission scolaire des Bois-Francs.
Je trouvais l’initiative extrêmement intéressante et, même si ce sont les vacances en plein Ramadan, je voulais absolument me payer une petite visite à Koulikoro pour avoir la chance de peut-être discuter avec un étudiant ou un formateur.
Après un agréable moment passé à Ségou, je me suis remise en route sur le goudron. Quelque chose clochait. J’avais passé une nuit sur la toilette lorsque j’étais à Sévaré mais pensais que l’incident était isolé. En quittant Ségou, mes jambes étaient lourdes et ma sueur était… froide. Pourtant, le mercure devait bien frôler les 35 degrés. Accompagnée de quelques travailleurs qui se rendaient à leur usine en vélo, nous avons fait quelques agréables relais ponctués d’éclats de rire. Mais lorsque ces derniers m’ont dit au revoir, je me suis retrouvée seule avec ma fièvre, le vent de face et la route étroite. Ce fut le début d’une longue et pénible journée.
La Route de Ségou est probablement la chose la plus terrifiante que je n’aie jamais rencontrée. Amateurs de sports très extrêmes, allez vous y balader! Les émotions fortes (et peut-être même quelques fractures si vous détournez votre attention quelques secondes) sont garanties!! Moi je l’ai rebaptisée la « Route du suicide ». Je me souviens d’y avoir eu peur en autobus alors imaginez en vélo… La route est étroite, le goudron est très mauvais, criblé de trous (trous?? Des cratères plutôt! Pires que les nids de poule de Montréal au printemps!) et l’accotement est rocheux ou sablonneux selon le cas mais jamais agréable. Et les voitures, les camions, les autobus, les motos et les sotramas y circulent la pédale bien enfoncée. Sur cette route, on klaxonne longuement et on passe. Tant pis pour ceux qui sont dans le chemin.
En résumé, j’avais peur et j’étais au pire de ma forme. Pourquoi je suis partie ce matin-là? Je ne sais pas trop… Pour en finir (avec la Route de Ségou) le plus rapidement possible sans doute…
Je me suis bien reposée à Fana et ai décidé de me prendre un petit traitement de paludisme. Juste au cas.
Le lendemain matin : surprise! J’étais en pleine forme et prête à repartir! C’est dès que j’ai enfourché mon vélo que je me suis rendu compte à quel point la mémoire humaine est ridiculement courte. La route était toujours aussi dangereuse, jusqu’à ce que je bifurque dans une piste à Santiguila.
Environ 25 kilomètres de gravier profond plus tard, une pirogue m’attendait comme par magie sur le fleuve Niger pour traverser à Koulikoro, la ville où les vélos de Cyclo furent envoyés. Des fois, tout semble arrangé avec le gars des vues…
J’ai dû demander à la moitié de la ville. Des rares personnes qui connaissaient, certains m’ont pointé des directions (souvent opposées), je me suis promenée d’un bout à l’autre de la ville, plusieurs fois. Et je ne l’ai pas trouvé, ce Centre de formation professionnel multiservice. Cette fois, le gars des vues faisait défaut. Déçue, fatiguée et un peu en colère, j’ai quitté la ville en tentant de me dire que le Centre aurait probablement été fermé de toutes façons.
Je me suis remise en chemin, pensant innocemment que la route de Koulikoro serait moins passante. J’avais tort, encore une fois.
Kalabougou et ses potières
Le samedi, dans le petit village de Kalabougou, sur les rives du Niger, c’est le jour de la cuisson. Mais pas n’importe quelle cuisson… la cuisson de la poterie!
De Mopti à Ségou… en autobus
Kalabougou, c’est un tout petit village bordant la rive gauche du fleuve Niger. On y accède par pinasse à partir de Ségou, l’une des plus jolies villes du Mali. C’est en autobus que je m’y suis retrouvée, en soirée du 23 août. Ouais.. l’autobus.. pas très très actif comme moyen de transport. De Mopti, j’avais initialement établi de retourner en direction de Bamako en suivant la piste qui longe la rive gauche du Niger. Ce plan, je l’avais imaginé avant même de me rendre au Mali. Le problème, c’est qu’en saison des pluies, ces pistes sont plus ou moins praticables (en fait, avec énormément de volonté, elles le sont… mais demeurent extrêmement difficiles)… Ma petite aventure de quelques kilomètres sur la route de Teriya Bugu m’était restée bien en tête. Finalement, après m’être informée auprès de plusieurs guides du coin, ceux-ci ont tous mentionné qu’il était moyennement sécuritaire d’y circuler seulE.
Peu de choix s’offraient donc à moi – les pistes ou revenir sur mes pas sur le goudron. Ma motivation pour retracer le même chemin étant plutôt basse, j’ai finalement opté de repartir en bus. Sept heures plus tard, j’étais à Ségou. Et, comme je le mentionnais plus tôt, Ségou, c’est tout près de Kalabougou.
Kalabougou, donc…
Les poteries de Kalabougou sont reconnues dans tout le Mali. Destinées à l’usage pratique (cuisine, emmagasinage d’eau ou grain,…), ces pots de terre cuite sont l’affaire des femmes. Depuis toujours, on transfère les techniques de mère en fille. Maintenant, ces femmes sont organisées en une coopérative qui est présidée par la femme la plus âgée du village.
C’est par l’extraction d’argile non loin du village par les femmes qui en transportent des paniers et calebasses sur leur tête, que le processus de fabrication débute. Cette matière première subit ensuite un traitement précis de séchage, mouillage, dégraissage pour ensuite être pétrie sur des peaux de vache avec les pieds. Les jeunes et vieilles femmes, ainsi que les fillettes, prennent part aux activités. Les pots sont ensuite façonnés avant d’être séchés, décorés puis cuits.
Cette cuisson est définitivement impressionnante! C’est par terre, à l’intérieur d’un lit de branchage en combustion que les poteries sont disposées. Le paysage devient volcanique, la chaleur est cinglante et la fumée étouffe. Dans ces tas de brindilles, la température moyenne peut atteindre 700degC! Et les potières s’y baladent, question de surveiller l’avancement de la cuisson. Le résultat forme une pièce de poterie solide et on dit que les morceaux cassés sont rares. Les produits finis sont transportés vers le marché de Ségou par pirogue pour la vente. Pour 20 pots fabriqués, chaque potière s’engage à en donner deux à la coopérative alors que les profits des 18 autres lui reviennent.
Référence extrêmement détaillée (typologie, technique, etc) : http://www.asso-teria.org/Kalabougou.pdf
Photos de Kalabougou:
Photos de Ségou:
“Donne-moi l’argent”…
18 août 2011 : Teriya Bugu à San = 78 km
19 août 2011 : San à Djenné = 140 km
21 août 2011 : Djenné à Sévaré = 115 km
22 août 2011 : Tour de Sévaré et Mopti = 40 km
TOTAL = 1021 km (Route accomplie jusqu’à maintenant)
Un immense merci à Marc-André Beaulieu!
“Donne-moi l’argent”, “Donne-moi le cadeau”… À Djenné, vers le Nord du Mali, le tourisme est actuellement au plus bas. Et dès qu’un Toubab effectue le virage vers la ville, à 30 km du gros goudron, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre, ou… de boue…
C’est à 3h30 du matin que je me suis levée, en matinée du 18 août. Le camion qui devait m’amener gratuitement de Teriya Bugu jusqu’au goudron partait tôt, très tôt. Mais peu m’importait puisque ça voulait dire que j’arriverais aussi tôt à San, là où Krista, l’accompagnatrice de mon stage Québec sans frontières (QSF), passait quelques jours pour revoir son ancienne famille d’accueil. Avant 10h, j’y étais et je retrouvais un visage connu, qui m’a fait le plus grand bien. Par contre, je n’avais pas l’intention de trop m’attarder à San et désirait me remettre en route pour Djenné dès le lendemain.
De San au carrefour menant vers la vieille ville de Djenné, on met 110 km. 110 km de pas grand-chose. Et au carrefour, on remet ça pour 27 km de pas grand-chose d’une meilleure qualité : de grands champs verts à perte de vue. Au-dessus de ces pâturages s’enroulaient d’immenses nuages gris qui rendaient la scène fabuleuse. Puis arrive le Bani, cet affluent du Niger que l’on doit traverser en bac ou en pirogue. C’est là que commence la chasse au Toubab. Sur la plage sont massées des tables de colliers et autres bébelles, l’une veut vous échanger des Euros, l’un veut vous guider, une autre veut vous vendre ceci et cela, puis un autre, puis un autre. Le bac est là mais personne ne sait s’il va finir par partir. 45 minutes plus tard, on décide qu’il ne partira pas, il faut embarquer sur la pirogue, où les 2000 F CFA payés laissent un amer sentiment d’escroquerie. Puis 4 km sont encore nécessaires avant d’entrer dans Djenné, et le bal se poursuit.

Route de Djenné / Djenne's Road
Djenné… on s’y sent comme dans une fourmilière. Petite ville grise dont les ramifications compliquées signalent l’absence de toute planification urbaine. Quelques milliers d’années avant la naissance du Christ, on a trouvé un matériau de construction (le banco, un mélange de terre, de paille et d’excréments de vache), on a construit et on continue de le faire. Depuis 1988, la ville fait partie du Patrimoine mondial de l’UNESCO. Et pour cette raison, les habitants sont obligés de maintenir les techniques de construction traditionnelles. Le problème, c’est qu’à Djenné, comme partout au Mali, il y a la saison des pluies. Les quantités massives de précipitations sont parfois assez fortes pour faire effondrer certaines maisons. Les habitants n’ont donc pas le choix de faire des rénovations avant et après les pluies. Il va sans dire que la saison des pluies n’est pas le meilleur moment pour se trouver à Djenné, où l’insalubrité devient un problème. Voilà pourquoi j’étais la seule Blanche en ville et voilà pourquoi j’avais la ville entière à mes trousses. Agréable? Hmmm… disons que ma petite patience fut mise à rude épreuve
Les enfants veulent de l’argent et des cadeaux, les adultes veulent vendre leurs trucs et/ou leurs services, tout le monde veut le vélo. Ce comportement est caractéristique des endroits touristiques des pays en développement. Les Occidentaux, avec leurs portefeuilles pesants et leur valeur de l’argent différente, encouragent souvent ces conduites en donnant des sommes qui leur paraissent dérisoires mais qui valent une petite fortune pour celui qui l’a demandée. Bref, que ce soit au Mali, en Inde ou à Cuba, donner de l’argent à ceux qui en demandent devrait être accompagné d’une réflexion… Est-ce que ce dollar aidera vraiment le mendiant? Une chose est sure, tous les touristes suivants vont hériter des impacts de cette offrande. Dans ce cas, on a causé une mauvaise habitude durable… Tout le contraire du tourisme durable.
Fort heureusement, la Grande Mosquée de Djenné, achevée en 1907, est tout à fait impressionnante et vaut la peine d’être admirée. Cette dernière, la plus grande construction en banco de la planète, doit être réfectionnée à chaque année. Ce sont quatre équipes, représentant les quatre ethnies dominantes de la région (Bambara, Peul, Bozo, Songhai) qui sont responsables des rénovations de leur section respective.

Je suis partie en catimini très tôt le 21 août. La ville était encore assoupie et j’ai pu partir sans me faire solliciter de toutes parts. Je suis arrivée à Sévaré, tout près de Mopti, quelques longues heures plus tard. La route n’a pas été facile. Encore une fois, le « bonjour » et le beau sourire étaient systématiquement accompagnés d’un « donne-moi l’argent ». Les véhicules passaient très près, certains enfants couraient derrière moi pour tenter d’agripper mes sacoches. D’autres m’ont même accueillie avec des cailloux projetés de leur lance-pierre. Les temps sont durs dans cette région du Mali, qui vit essentiellement du tourisme, et les gens sont pauvres. Chacun tente de tirer son épingle du jeu d’une façon ou d’une autre et personne ne peut les blâmer de tout tenter avec les Blancs pour réussir à le faire. À Sévaré, même les hôtels bien cotés par les livres touristiques laissent leurs chambres s’envoler à rabais. C’est comme ça que j’ai pu séjourner à l’excellent Hôtel Byblos et en faire mon QG pour la visite de Mopti (qui fut plutôt bâclée à cause d’un petit malaise gastro-intestinal
…).
J’♥ Teriya Bugu
Si le Havre des Collines de Moribabougou m’a ressuscitée après de ma malaria, il y a environ deux semaines, le village de Teriya Bugu m’a fait oublier chacun des 28 misérables kilomètres boueux qui m’y ont amenée. Il existe sur cette planète quelques endroits magiques qui nous font chavirer et ne nous donnent qu’une seule envie : y retourner. Le village de Teriya Bugu, en pleine brousse malienne, est définitivement l’un de ces oasis.
J’appartenais à la classe des morts-vivants quand je me suis finalement pointée à l’entrée du site de l’hôtel. J’ai probablement même effrayé quelques villageois qui me souhaitaient malgré tout la bienvenue chez eux. Mais en moins de deux, le personnel de l’hôtel avait tout pris en charge; ma chambre, un boyau d’arrosage pour nettoyer mon vélo, de l’aide pour les bagages, le tout avec ce sourire apaisant qui redonne soudain envie d’en faire autant. Mais au-delà du service impeccable de son hôtel, Teriya Bugu est beaucoup plus qu’une station balnéaire.
C’est en 1965 que la première page d’histoire de Teriya Bugu fut inscrite. Une chasse à l’antilope a réuni deux hommes aux intérêts communs : le père français Bernard Verspieren et le pêcheur malien Lamine Samaké. Ensemble, ils réalisèrent plusieurs projets de développement rural et d’accès à l’eau potable jusqu’à ce que Verspieren et Samaké se consacrent au développement d’énergies renouvelables (vent, soleil, biocarburant…) pour le petit village qu’ils baptisèrent Teriya Bugu (« la case de l’amitié » en Bambara).
Depuis, les projets se succédèrent et les habitants des villages avoisinants devinrent d’importantes parties prenantes. La dynamisation de l’agriculture, l’élevage, le reboisement, l’instauration de programmes sociaux de santé / éducation / électrification / eau potable, la construction d’un hôtel et d’une concession pour les employés.
Les visiteurs de Teriya Bugu sont aussi invités à prendre part à ces activités. En favorisant les échanges interculturels, les locaux sont aussi gagnants que leurs hôtes. Les recettes provenant des différentes activités touristiques sont redistribuées dans les salaires des employés, l’amélioration et la pérennité des services communautaires et l’instauration de nouveaux projets innovateurs. Le village rime avec l’expression « tourisme solidaire ».
Le restaurant, dont les plats sont faits d’ingrédients locaux, ne peut pas passer sous le silence. C’est tout à fait divin. (La tarte à la banane est d’ailleurs la révélation de mon séjour au Mali… je ne suis pas capable d’arrêter d’y penser!). Au petit déjeuner, M. Diarra ne cesse de vous amener de succulentes douceurs : miel de la miellerie du village, gâteau frais, confiture maison, jus de bissap (hibiscus)…
Difficile de rester indifférent devant toutes ces initiatives. L’état dans lequel je suis arrivée à Teriya Bugu et celui dans lequel j’en suis repartie sont aux antipodes. Les habitants du village qui ont remarqué mon arrivée se sont informés de mon état lorsque je les ai recroisés le lendemain : « Ça va mieux? ». Et comment! Teriya Bugu est tout simplement un petit coin de paradis
* L’émission “Partir autrement” a réalisé un superbe reportage sur Teriya Bugu
16 août 2011: Tout se résume à 28 kilomètres
15 août 2011: Sikasso à Koutiala = 140 km
16 août 2011: Koutiala à Teriya Bugu = 137 km
TOTAL = 648 km
(Yolande Labrecque et Christian Lévesque: MERCI!!)
J’ai un petit défi pour vous. Surveillez la prochaine journée de bonne grosse pluie et, quand elle arrive, sortez votre vélo de spinning, tournez la manivelle vers le « + » jusqu’à ce que le maximum soit atteint, demandez à votre voisin de vous envoyer des pelletées de boue, faites venir tous les enfants du quartier pour qu’ils vous crient sans arrêt « Toubabou! » de leur voix la plus aigue et pédalez pendant trois heures. Si vos tibias n’ont pas passé au travers de vos genoux, vous saurez exactement comme je me sens en ce moment même.
Je viens d’arriver à Teriya Bugu, un petit havre de développement rural en plein milieu de la brousse. Une chance que c’est superbe parce qu’il y a quelques minutes, j’étais prête à laisser le Taureau sur le bord de la piste et repartir au Québec.

Les quelque 250 km roulés depuis Sikasso jusqu’à la piste menant à Teriya Bugu sont totalement anodins après ce que furent les plus difficiles et désagréables 28 km de toute ma carrière de vélo. Qu’on se le dise : Teriya Bugu n’est PAS accessible en vélo de cyclotourisme durant la saison des pluies! 28 km, donc, sur une piste inondée par la pluie de la veille dont le sable détrempé m’a laissée embourbée plus d’une fois. J’ai dû y laisser quelques litres de sueur et de larmes en plus de tout un stock de jurons qui me garantiront assurément un laissez-passer VIP dans les plus ardents feux de l’enfer. Mais pire encore, je crois bien y avoir laissé mes deux genoux. Pour avancer dans le terrain accidenté et sablonneux avec ma vitesse et mon vélo chargé à bloc, je devais développer un impressionnant couple pour garder mon pédalier en mouvement. Le stress dû à cet effort considérable et soutenu a rudement affecté mes rotules, qui semblent avoir « implosé ».
La bonne nouvelle dans tout ça, j’ai rencontré un coopérant français, Alban, qui pourra me déposer au goudron jeudi. Ça tombe bien, une journée de repos s’impose et Teriya Bugu est définitivement un endroit à découvrir.
(Un article consacré au village de Teriya Bugu sera bientôt publié!)
Une coopérative de karité: COPROKAZAN
COPROKAZAN : « Un véritable outil de lutte contre la pauvreté des femmes dans le milieu rural » (*)
C’est pour être plus fortes que des productrices de karité de la région de Zantiébougou, dans le Sud du Mali, ont décidé de s’unir en coopérative, en 2005. COPROKAZAN, la Coopérative des Productrices de beurre de Karité de Zantiébougou, regroupe maintenant plus de 1000 femmes provenant de 35 villages. En milieu rural, les Maliennes sont souvent mises en marge dès leur enfance, devant participer aux innombrables tâches ménagères plutôt que d’aller à l’école. Ce handicap les suit pour le reste de leurs jours, le manque d’éducation leur fermant toutes les portes.
Pour ces femmes, la production du beurre de karité représente une source de revenus intéressante, leur permettant d’envoyer leurs enfants à l’école ou d’acheter un vélo pour se déplacer.
La coopérative COPROKAZAN vise à améliorer les conditions de vie des productrices en garantissant un meilleur prix d’achat de leur beurre. En plus d’intervenir dans la formation des femmes au niveau des techniques de production, COPROKAZAN a aussi des objectifs de protection de la ressource karité et de gestion des forêts. De plus, COPROKAZAN vient tout juste de prendre, en 2011, un nouveau tournant qui pourrait être déterminant dans le développement de la coopérative : elle a obtenu la certification équitable FLO (Fairtrade Labeling Organization). L’obtention d’une telle certification est le couronnement de plusieurs années de travail pour rencontrer toutes les exigences serrées du cahier des charges FLO.
Les efforts sont toutefois hautement bénéfiques puisqu’ils ont permis à la coopérative de mieux se structurer. Selon la présidente de la coopérative, Mariko Mah Koné :
« La certification nous aidera à vendre plus de produits et à gagner un meilleur revenu. Une certification équitable est aussi une garanti crucial de qualité et de conformité à l’esprit et aux lois du commerce équitable. » (*)
Le Carrefour Canadien International (CCI) fut un partenaire essentiel dans le succès grandissant de COPROKAZAN. L’organisme est d’ailleurs l’un des premiers importateurs des produits de karité de la coopérative malienne.


Le logo FLO (Fairtrade), c’est aussi un millier de femmes de Zantiébougou qui travaillent sans arrêt pour assurer un meilleur avenir à leurs enfants.
Une longue journée…….
13 août 2011 – Bougouni à Sikasso = 208 km
TOTAL = 371 km
(Un grand merci à Simon Bourk et Anie Labrecque pour leur support!)
En quittant Bougouni, en matinée du 13 août, jamais je n’aurais pensé que j’aboutirais à Sikasso 12 heures plus tard… Je visais me rendre à Koumantou, à environ 80 km de mon départ; et peut-être Niéna, 60 km plus loin si je me sentais optimiste…
Que s’est-il passé? C’est la faute du goudron. Il était trop beau, tout simplement. Beaucoup moins achalandé que le tronçon Bamako-Bougouni, la route est entourée de verdure fluorescente et je croisais des gens à vélo constamment. Les faux-plats étaient beaucoup plus incisifs que les journées précédentes mais, dès qu’on en atteint la cime, c’est comme si toute l’Afrique s’offrait à nous. S-u-p-e-r-b-e, je vous dis. Alors ça roulait tout seul.
Arrivée à Niéna, en tout début d’après-midi et en pleine forme, je me suis mise à me demander ce que je ferais de tout le reste de la journée… alors, après un cul-sec de deux Coca Cola, je me suis remise en selle.

Tout allait bien jusqu’à ce que la route se mette à monter. Monter, monter, monter. Les 40 derniers kilomètres furent un pur calvaire. “Courage!” m’a crié une dame. Merci madame, vous n’avez pas idée comme vous m’avez donné un regain d’énergie. C’est un peu après 19h, le soir tombé, que je suis arrivée à Sikasso, bouffée par les maringouins. Je me suis lancée dans le premier hotel que j’ai vu où j’ai englouti un immense plat de pâtes gratinées… délice.

On mange!
Le Mouvement Biologique Malien – MOBIOM
« Je vous ne mentirai pas, si nous existons aujourd’hui, c’est grâce à la certification équitable. »
C’est droit dans les yeux que le directeur du Mouvement Biologique Malien (MOBIOM), M. Sidy El Moctar Nguiro, me regarde en prononçant cette affirmation. MOBIOM est une union de coopératives de producteurs dont le siège est situé à Bougouni au Mali, qui regroupe 76 membres à travers quatre grandes régions administratives du Mali (Kayes, Koulikouro, Sikasso et Bougouni). Ensemble, ils totalisent une force d’environ 10 500 producteurs.
C’est la filière coton qui a initié, en 2002, la création de l’association prônant l’agriculture biologique. « En 2004, le prix du coton conventionnel était devenu tellement bas que les profits ne pouvaient pas nous permettre de subsister. La mention bio ne suffisait pas. », affirme Nguiro. En se tournant vers le commerce équitable pour vendre son coton biologique à prix plus rémunérateur, MOBIOM a ouvert son salut. « Les producteurs se sentent plus gagnants et leur motivation augmente, tout comme le taux d’adhésion à la coopérative ». Monsieur le directeur a de quoi être fier puisque les profits issus du commerce équitable ont permis à MOBIOM d’établir une dynamique de diversification hors du commun.

Sidy El Moctar Nguiro, directeur technique du MOBIOM
Aujourd’hui, MOBIOM produit du coton, des mangues, du karité et du cajou équitables, tous certifiés FLO. D’autres produits, tels le sésame, le fonio et l’hibiscus sont certifiés équitables et biologiques par Ecocert. Les activités ne s’arrêtent pas là. En 2009, MOBIOM a organisé une journée de la consommation responsable et du commerce équitable à Bamako. En 2011, un forum national sur l’agriculture biologique est prévu en octobre pour favoriser le partage entre les acteurs et favorisant l’implantation d’une plate-forme nationale de l’agriculture bio. À ce sujet, MOBIOM s’efforce de sensibiliser les populations envers les méfaits des pesticides et entre autres de la perversité de Monsanto.

Bannière FLO

Bannière Ecocert (biologique)
Logos à rechercher sur vos produits.

Bannière Ecocert (équitable)
La prime équitable – un moteur pour les projets sociaux
La prime monétaire garantie par le commerce équitable a permis d’accomplir quelque 35 projets sociaux dans les différentes communautés membres de MOBIOM. Selon le montant d’argent qu’elle percevra, chaque coopérative membre propose un projet en fonction de ses besoins. Ainsi, on compte des salles d’alphabétisation, des maternités rurales pour les villages isolés, des salles de stockage de produits biologiques évitant la contamination, des puits et l’achat de fourniture scolaire parmi ces initiatives.
En bref, MOBIOM a attiré son propre succès par son opportunisme, son dynamisme, sa transparence et sa diversification. C’est d’ailleurs en se distinguant ainsi que le Mouvement a attiré l’appui de différentes organisations telles qu’Helvetas, Oxfam, ICCO et l’Union européenne.
J’ai pu visiter l’unité centrale de transformation de Bougouni en compagnie de Félicité Koné. Elle m’a expliqué que les noix de karité recueillies partout au pays étaient ramenées en ce seul endroit pour procéder en la transformation du beurre de karité de façon uniforme et entre les mains d’expertes. Bien qu’ils possèdent des équipements provenant du Burkina, ils savent pousser l’innovation en se basant sur ces derniers pour construire leurs propres machines.
L’avenir est prometteur pour MOBIOM, qui ne cesse d’augmenter ses capacités de production dans toutes ses filières. En achetant des produits équitables, ce sont des gens comme les membres d’une superbe association telle MOBIOM que vous encouragez.
MOBIOM: http://mobiom.org/
C’est parti!
10 août 2011: Bamako – Ouléssébougou = 78 km
11 août 2011: Ouléssébougou – Bougouni = 85 km
Ça y est, le coup d’envoi est officiellement donné. Après de déchirants adieux à mon groupe QSF et aux Diakité, ma famille d’accueil, j’ai enfourché un Taureau lourdement chargé.
Se réhabituer à la conduite de ce type de mastodonte en pleins carrés accidentés de Bamako n’est pas facile. Les manœuvres sont lentes et tremblantes alors que les motos, les taxis et les sotramas n’en ont que faire que d’essayer de m’éviter. La sortie de Bamako fut un peu longue mais la récompense à la sortie est significative : une forte de baisse de trafic, une hausse de la qualité de l’air et de la verdure. Partout autour.
Joie.
Le goudron n’est pas mal du tout mais je suis très heureuse d’avoir opté pour des pneus Schwalbe Marathon Plus MTN qui me permettent d’alterner entre le goudron lisse et l’accotement de gravier et qui adoucissent la transition abrupte. En effet, des gros camions, autobus et sotramas chargés comme des mulets me dépassent en trombe. Et moi je ne prends pas de chance, je saute dans les cailloux pour leur céder le passage.

Le soleil ne pardonne pas. Je me badigeonne la peau à grands coups de crème 110. Déjà, les marques de gants, de casque et de cuissard ont refait leur apparition… Moi qui commençais à peine à me débarrasser de celles de 2009…
Une chose que j’ai retenue de mon stage à l’Association Conseil pour le Développement (A.CO.D) est que les salutations sont primordiales au Mali. J’essaie maintenant d’appliquer la pratique à la lettre. Et croyez-moi, ça vaut la peine. Un tout petit bonjour en Bambara (qui change selon la période de la journée) à un passant/e me garantie de recevoir un sourire à tout casser. Vous savez, un sourire plein de franchise, absolument contagieux, qui donne le goût de pédaler plus loin pour répéter l’expérience encore et encore.
La route menant de Bamako à Bougouni est superbe. Du point de vue paysage autant que du point de vue humain. Rien n’est plus reposant que de voir au loin des cultivateurs qui piochent leur champ. Jusqu’à ce qu’un véhicule lourd me klaxonne… Il est aussi à noter que cette route n’est qu’une succession de faux plats ascendants et descendants. Sur ma vitesse unique, ces longues ascensions sont, bien qu’à faible pourcentage, plutôt difficiles. Surtout dans le gravier.
Sanankoroba
Ma première destination devait être Sanankoroba, à 30 km de Bamako.
Sanankoroba, c’est la toute première communauté malienne à s’être jumelée, en 1985, à un village du Canada. Du Québec, plus particulièrement… Sainte-Élizabeth, dans la région de Lanaudière, à 70 km de Montréal. Les liens créés par les deux municipalités ont permis à des cultivateurs maliens de se rendre à Sainte-Élizabeth pour y rencontrer des cultivateurs québécois. Ces derniers, sans leur imposer de démarches, ont appuyé les Maliens pour structurer l’implantation de nouvelles techniques agricoles. De retour en Afrique, les cultivateurs de Sanankoroba savaient comment échanger la pioche pour la charrette tirée par des bœufs. Les citoyens de Sainte-Élizabeth décidèrent de délimiter un champ dont les profits iraient à l’appui de l’achat de matériel agricole s’inscrivant dans l’initiative. Le développement croissant du rapport Sanankoroba-Sainte-Élizabeth a permis l’achat de 15 attelages en 1988.

En 1990, la relation a atteint un nouveau jalon lorsque la Fédération Canadienne des municipalités (FCM) a officialisé l’entente. Depuis, des projets en développement économique local, en affaires publiques, alphabétisation et gestion des déchets furent développés.
Rendue à Sanankoroba, avec l’après-midi devant moi, je me suis reposée un peu. J’ai fait le tour du goudron quelques fois, devant l’expression de nombreux habitants qui avait vraiment l’air de dire : « Ils sont fous ces Blancs… ». Puis, me sentant en pleine forme, ai décidé de reprendre la route pour Ouléssébougou, 50 km plus loin.
Ouléssébougou
Le prix du pétrole, toujours à la hausse, comporte un sérieux risque de compromettre l’électrification de plusieurs petits villages africains, dont le service électrique dépend de la ressource naturelle non-renouvelable. C’était le cas d’Ouléssébougou, dont la société responsable du service d’électricité s’est mise à avoir du mal à accomplir sa mission. Mais cette dernière est allée de l’avant avec une solution pilote – une centrale électrique hybride. Visible du goudron, à la limite Sud de la ville, la centrale qui fut construite en six mois regroupe des panneaux solaires totalisant 216 kW. Ces derniers fonctionnent le jour alors que deux groupes diesel prennent le relais pour la nuit. L’opportunisme d’Ouléssébougou est certes un exemple à suivre pour de multiples communautés. Le soleil est gratuit… et renouvelable.

Depuis plusieurs kilomètres, je me suis faite rattraper par ce persistant petit stress de la question « où je vais dormir ». C’est toujours comme ça. Quand on arrive à une destination potentielle, les efforts sont loin d’être terminés. Il faut partir à la chasse. Du goudron, j’avais vu plusieurs plateaux bien camouflés, idéaux pour y planter une tente. Je fus tentée. Mais ai décidé d’entrer dans le village. Trouver à dormir en village est plus difficile que je croyais. Je suis allée à une auberge, qui m’offrait une piaule minable pour… 40$!! Puis, j’ai vu l’Église, au milieu d’un superbe terrain clôturé. L’abbé Paul-Marie m’a montré une chambre confortable, munie d’une salle de bain. C’est là que j’ai dormi, dans une chaleur étouffante mais peu importe, j’ai dormi!
Le lendemain, après une petite marche dans Ouléssébougou, quelques vagues échanges et un petit déjeuner, je suis repartie pour un autre 80 km semblable à celui de la veille. Je suis arrivée à Bougouni avant 15h et j’ai tout de suite apprécié la sympathique municipalité. J’y passe une journée de congé pour visiter une coopérative avant de me reprendre la route vers l’est!
Plus d’informations sur le partenariat Sanankoroba – Sainte-Élizabeth :
- Des mains pour demain
- “Ce village malien qui stupéfie le monde” (Le Monde diplomatique, août 1996)
- Fédération Canadienne des municipalités (FCM)
Pour en savoir plus sur la centrale électrique hybride d’Ouléssébougou :
Cher Palu, s’il-te-plaît ne recommence pas…
C’est sur les eaux stagnantes que les anophèles (maringouins) se reproduisent par millions. En pleine saison des pluies au Mali, l’usine marche à pleine capacité et, dès la tombée de la nuit, vers 19h, des régiments de femelles partent à la chasse. Et elles savent exactement où aller pour se régaler puisqu’elles repèrent les corps chauds émetteurs de CO2 à environ 20 mètres à la ronde. Des humains, des animaux, … pique par ci, pique par là, pique, pique, pique… de sorte qu’au matin, après s’être bien régalée, l’anophèle femelle a probablement fait des ravages sur la santé de plusieurs repas. Si elle a piqué un humain ou un animal atteint du paludisme, elle a fort probablement contaminé ses victimes subséquentes.
Le paludisme, le palu… la m-a-l-a-r-i-a… Un mot qui « sonne » tropical et dangereux. Une maladie qui fait environ deux millions de victimes par an. Surtout des enfants. Eh bien quand on finit par la choper, les Maliens nous disent : « Maintenant tu peux dire que tu es une vraie Malienne! ». Ouais, ici on attrape le palu comme on se tape un petit rhume au Québec. Un traitement de trois jours (qui vous détruit toutefois l’estomac) et hop, on est de retour sur pied!… jusqu’à la prochaine piqûre gagnante. C’est comme une loterie, ce truc. Malgré les traitements préventifs (Malarone, Lariam, Doxycycline, …) de ce monde, qui ne font qu’atténuer les désagréables symptômes (variant de maux de tête, à fièvres, à rhumatismes, vomissements, diarrhées, etc) tout en s’occupant aussi de bien décaper la paroi stomacale, il est impossible de se protéger à 100%. Et le palu, ce n’est pas comme la varicelle. On peut l’attraper aussi souvent que notre malchance le veut bien.
Ayant déjà passé plus de deux mois sous le radar malgré un maximum de piqûres d’insecte, je pensais bien réussir à m’en sauver. Mais le palu est partout et la roulette s’est finalement arrêtée sur mon numéro. « Me semble que je me sens pas trop trop bien aujourd’hui… » Une journée passe. Une autre… puis je me suis dit que ce serait bien d’aller me faire un petit test de goutte épaisse (analyse sanguine). Juste pour voir.
Voilà. C’est bien le palu. Super – dans trois jours, tout ira mieux!
Hmmm… malheureusement l’histoire ne s’est pas réglée si facilement pour moi. Plus j’avançais dans le traitement et plus je dépérissais. Toute vue de nourriture devint l’objet d’un haut le cœur. L’eau s’est mise à puer, juste pour accentuer mes nausées constantes. Mon système immunitaire a décidé de baisser la garde et la diarrhée m’a déshydraté le système.
Deux nuits à l’hôpital à remuer du noir.

Mais le corps humain est une formidable machine. Depuis mon congé, samedi, deux jours au Havre des Collines de Moribabougou m’ont faire renaître de mes cendres! Merci à Francyne et Mohammed!!
Le départ est maintenu à mercredi. Les distances seront d’abord modestes et s’ajusteront par la suite. Tic, tac, tic, tac… c’est vrai, c’est palpable maintenant. Reste plus qu’à préparer les sacoches, faire le plein en eau et commencer à pousser sur les pédales en faisant dos à Bamako. Direction Sud!
La malaria fait ici l’objet d’une simple anecdote mais consiste toutefois en un véritable enjeu de développement en Afrique. Voici quelques organismes qui s’engagent à lutter contre le paludisme :
- Croix-Rouge canadienne
- Le Fonds mondial pour combattre le sida, la tuberculose et le paludisme
- Médecins sans frontières
Autres sources d’informations :
Football, mariage et coupe Longueuil…
Toute son énergie est concentrée dans le bout de ses ongles. Tresser une chevelure glissante de Toubabou, c’est tout un défi. Habilement, elle s’acharne à maîtriser tous les petits cheveux rebelles qui parsèment mes tempes… Deux semaines avant le grand départ à bicyclette, faisons un petit intermède de durable-équitable-actif pour jaser de quelques tranches de ma vie bamakoise. Elle, donc, c’est la meilleure « tresseuse » du salon « Fair & White » de mon quartier. Et, à grands coups de gel coiffant et de laque, elle impressionne ses compatriotes massées autour de nous en me tressant la tête comme il se doit. Un mariage m’attend le lendemain, je dois arborer la coiffure locale. Deux heures furent requises pour réaliser le chef d’œuvre torsadé de cheveux, de produits chimiques et d’élastiques miniatures. Le résultat de face est fantastique. De côté, c’est une autre histoire… le format « coupe Longueuil » est, bien que légèrement inconfortable, définitivement hilarant.
C’est un samedi occupé et je n’ai pas de temps à perdre sur le look de mes nouveaux cheveux. Direction : Stade Modibo Keita pour la finale de la Coupe du Mali de football. Le « Stade malien » de Bamako affronte le « Club olympique » de Bamako (COB). En regardant le superbe terrain vert où les athlètes s’affrontent, on en oublie qu’on est au Mali. Ce n’est qu’en balayant le regard dans la foule qu’on revient à la réalité. Aucun Blanc dans la foule… pas de femme non plus. Une victoire inespérée du COB en prolongation termine la soirée.
Dimanche, c’est le mariage de Yaya, le frère de ma mère d’accueil, et de Kadiatou. Depuis plusieurs semaines, les préparatifs occupent ma famille d’accueil; achat de pagnes, de poules et autres cadeaux pour la mariée ainsi que 100 kg de riz pour nourrir les invités. Tout un événement! C’est le dernier dimanche avant le Ramadan et les mariages s’enchaîneront sans arrêt aux mairies de Bamako. Pour moi, la journée est déjà bien entamée vers 7h30, lorsque nous arrivons déjà à la maison de la grande famille. Avec ma coupe Longueuil tressée et mon petit « kit » malien qui « fit », je me sens loin de l’élégance des beaux habits de basin brodé. Tranquillement, nous nous dirigeons vers la mairie, où l’union civile est réglée en moins de 10 minutes. Il faut faire vite, d’autres mariages attendent en ligne et se pressent contre l’entrée… À partir de là, au retour à la grande famille, le temps commence à se faire un peu long pour moi. La chaleur est étouffante et, pour les femmes, la fête est sous forme de danse sous une bâche bleue (où la chaleur se condense instantanément en sueur ruisselante). Les hommes sont assis ensemble et discutent. Ils n’aiment pas danser. Les mariés font leur apparition pour les photos avant que Kadiatou ne retourne chez ses parents pour quelques heures. Bientôt, elle reviendra et les femmes mariées présentes lui donneront des recommandations et conseils pour qu’elle soit une « bonne épouse » et serve bien son mari. De leur côté, les hommes vont à la mosquée pour le mariage religieux. Et moi, durant tout ce temps, j’ai deux petites filles de 11 ans qui me fouillent dans les cheveux pour enlever des croûtes blanches qui ont fait leur apparition durant la matinée. Mes belles tresses s’étaient déjà transformées en cauchemar alors que les produits coiffants s’étaient solidifiés… Épuisée par la chaleur et le riz au gras du midi, je me suis précipitée sur la première occasion pour partir, plus de 10 heures après mon arrivée. Deux heures additionnelles furent nécessaires pour décroûter mes tresses où des pensées de tout raser m’assaillirent plus d’une fois. La journée fut longue mais demeure une superbe expérience!
Voilà. Sur ce, le vélo, ça commence le 10 août. Faites un petit « J’aime » sur la page Facebook pour des détails du parcours!
Des solutions pour voyager mieux – l’eau à boire
Pour faire suite à l’article précédent, concernant ce problème grandissant d’utilisation d’eau embouteillée et de tous les déchets qui en découlent, voici quelques solutions pour voyager plus “proprement”.
Dans un rapport écrit en 2001 par le World Wildlife Fund (WWF), on suggère de laver et réutiliser les bouteilles de plastique (polyéthylène téréphtalate – PET) pour en minimiser l’impact environnemental. Or, il fut prouvé peu après que le PET se dégrade rapidement et peut compromettre la qualité de l’eau.
Bon. Alors qu’est-ce qu’on fait?
À travers les années et les voyages, j’ai identifié plusieurs manières de me rendre indépendante de l’eau embouteillée.
Bouillir l’eau
Économique = +++
Facilité d’utilisation = +++
Portabilité = – (sauf si vous transportez un réchaud)
Temps avant consommation de l’eau = environ 30 minutes pour laisser refroidir
Si les facilités le permettent, amener l’eau à ébullition (gros bouillons) tue la grande majorité des micro-organismes présents dans l’eau. En ce qui concerne le temps d’ébullition, plusieurs sources mentionnent que le simple fait de monter la température de l’eau de 700C à 1000C éliminera la plupart des bactéries, protozoaires et virus *. Je préfère laisser bouillir quelques minutes.
Pristine / Aquatabs / autre traitement chimique
Économique = ++ (environ 20$ pour un traitement)
Facilité d’utilisation = ++
Portabilité = +++
Temps avant consommation de l’eau = environ 30 minutes selon le type de traitement
Très portatif et d’utilisation relativement facile (on doit toutefois attendre une trentaine de minutes après le traitement pour s’assurer de son efficacité), les traitements chimiques constituent une alternative mais plusieurs voyageurs s’en plaignent. En effet, le goût d’eau de piscine est prononcé et l’utilisation répétée pour repousser plusieurs personnes.
SteriPEN
Économique = – (entre 50 et 100$)
Facilité d’utilisation = +++
Portabilité = +++
Temps avant consommation de l’eau = moins de 2 minutes
Révélation du séjour pour moi ici à Bamako. L’embout du SteriPEN s’adapte aux goulots de bouteilles d’eau à usage unique et des Platypus. Il suffit de plonger l’appareil dans le contenant d’eau à purifier, agiter pendant 50 à 90 secondes (selon la quantité d’eau purifiée – 0.5 ou 1 L) et l’eau est prête à boire, sans arrière-goût. L’eau du robinet est donc bonne pour boire en quelques secondes. Cet outil est particulièrement utile pour de l’eau claire, sans particules. L’eau des rivières, lacs, autres sources naturelles doit toutefois être filtrée avec un linge pour la débarrasser des particules, avant la purification par le SteriPEN.

Utilisant la technologie des rayons ultra-violets, SteriPEN détruit 99.9% des bactéries, virus et protozoaires contenus dans l’eau.
Filtres au charbon
Économique = – (entre 50 et 150$)
Facilité d’utilisation = +
Portabilité = ++
Bien qu’extrêmement utile dans un contexte de plein-air, le filtre est plus complexe à utiliser en environnement urbain. En effet, on doit pomper d’une source d’eau « sale » vers un contenant propre. Or, pomper d’un robinet peut être laborieux et trouver des contenants pour y verser l’eau à filtrer n’est pas toujours évident. Si le voyageur est en constant déplacement, cela peut s’avérer problématique. Mais si le voyageur a le temps de s’installer quelques jours à un endroit et a le temps d’adapter une configuration pour pomper son eau, le filtre peut s’avérer une excellente solution.
Une question de coûts??
Alors disons que vous partez dans un pays en développement pour 30 jours… Durant ces 30 jours, vous allez facilement boire 60 à 100 litres d’eau. Selon le prix (environ 1$ / 1.5 litres), l’eau prendra environ 40 à 70$ de votre budget mensuel. Peut-être que cet argent aurait pu être investi avant le départ sur un SteriPEN, de la Pristine ou un filtre ainsi qu’une bouteille réutilisable pour éviter tout ce gaspillage de bouteilles de plastique??
Bouteilles d’eau = fléau
“Donne le bidon!” Dans les carrés de Bamako, certains enfants se précipitent pour nous dérober ces bouteilles d’eau qui ne quittent jamais nos mains. Sachant qu’ils en trouveront une utilisation intéressante, est-ce que leur confier nos bouteilles vides constitue vraiment un acte de récupération, justifiant ainsi l’achat d’une nouvelle bouteille à usage unique??
**Attention, cet article ne concerne pas la consommation d’eau embouteillée chez-nous, en Occident – cette pratique est non seulement abusive mais complètement ridicule puisque l’eau du robinet est tout à fait appropriée à nos besoins. Et elle est gratuite. Nous parlons ici de la consommation d’eau embouteillée en contexte de voyage dans un pays en développement, où l’eau du robinet incommode l’estomac et les intestins de la grande majorité des voyageurs… si vous voyez ce que je veux dire…
Les voyageurs optent souvent pour l’eau embouteillée. Ceux qui ont connu la diarrhée du voyageur ou tout autre désagrément provoqué par l’ingestion d’eau du pays visité vous le diront : ne pas boire l’eau des robinets de ces pays… évitez même de vous brosser les dents avec cette eau! Alors… que faire?
La solution facile est bien entendu de se tourner vers les appétissants 1.5 litres d’eau froide enrobés de plastique. Je l’ai fait, vous aussi… des fois, on n’a tout simplement pas le choix. Mais pour la majorité du temps, lorsqu’une source d’eau naturelle ou courante est présente, ce choix, il existe. Nous sommes juste trop paresseux pour pencher vers la solution moins facile : filtrer/purifier son eau et réutiliser sa bouteille. Cette pratique s’inscrit directement dans une attitude de tourisme durable pour ne pas laisser de trace dans les endroits visités.
Alors vous vous dites : une seule petite bouteille… ça ne peut pas faire de tort… Comme vous, les autres milliers, voire millions de personnes qui visitent le même endroit se disent exactement la même chose. Il faut voir plus loin. Derrière la bouteille d’eau se cache toute une industrie polluante et destructrice. Comme l’indique la figure ci-dessous, le gâchis commence dès le tout début de la chaîne par l’extraction de la matière première des bouteilles de plastique : le pétrole. Ensuite, de la fabrication des bouteilles à l’embouteillage jusqu’au transport, l’industrie s’illustre comme l’une des plus grandes responsables du réchauffement de notre planète *. Et en bout de ligne, il aura fallu 3 litres d’eau pour en produire un seul *.

Souvent, les pays en développement de recycler. Même la gestion des déchets pose problème. Les habitants arrivent souvent à donner une seconde, voire une troisième vie aux bouteilles de plastique. Mais, inévitablement, peu importe la revalorisation effectuée, ces bouteilles aboutissent aux vidanges.
Dans un pays comme le Mali, les déchets sont brûlés dans les cours familiales ou dans certaines décharges informelles. La combustion des déchets est non seulement extrêmement nocive pour la santé des habitants mais aussi pour notre atmosphère, constituant la conclusion d’une longue ligne polluante. Si elle n’est pas brûlée, la bouteille de plastique prend plus de 1000 ans pour de désintégrer *. Et votre simple petite bouteille d’eau que vous croyez si inoffensive deviendra rapidement une partie intégrante d’un tout nouveau continent que l’être humain est en train de fabriquer – un continent de déchets.

Le prochain article : des solutions faciles pour voyager mieux!
The Story of Bottled Water : À voir absolument sur la consommation d’eau embouteillée (chez-soi ou ailleurs…) – en anglais
Carte routière du Mali
Bon. Je sais que peu de lecteurs d’ekiCYCLE sont susceptibles d’être intéressés par cet article technique mais je trouve important de l’ajouter, pour les prochains aventuriers / cyclistes qui contemplent l’idée de voyager au Mali.
La carte routière du Mali.
Très peu de cartes routières à jour existent. L’Institut géographique national de France (IGN) en a publié une (en français) en 1993 et International Travel Maps (ITMB) (en anglais) offre une version un peu plus récente (2007). Ces cartes se détaillent à environ 15 à 25$ CAD.
ATTENTION: ces cartes ne sont pas disponibles au Mali!
Si vous décidez de faire comme moi et prévoyez acheter une carte routière une fois sur le terrain, une seule option semble possible: l’Institut géographique du Mali met à jour des cartes routières, topographiques du pays et des régions. Le prix est toutefois assez élevé = 11 700 F CFA (environ 25$ CAD). En juillet 2011, j’ai reçu la version datée de juin 2010, ce qui est très acceptablement récent.
L’Institut géographique du Mali est situé sur le côté Sud du Niger, dans le quartier Sogoniko, près de l’Avenue de l’OUA, sur le goudron de l’Hôtel des Colibris.
L’Office malien du tourisme et de l’hôtellerie (OMATHO) publie aussi une carte touristique du Mali au coût de 12 500 F CFA. Toutefois, cette carte semble très difficile à trouver à Bamako. J’en ai vu un seul exemplaire à la boutique du Musée national de Bamako.
L’option des cartes GPS est une bonne idée pour plus de détails des villes et routes secondaires non bitumées.

La carte est bien jolie mais très volumineuse. J'ai découpé tout le Nord du Mali, n'ayant pas l'intention de pédaler dans le désert.













































